Le chef d’état-major général des forces
armées guinéennes le général Souleymane Kelefa Diallo, cinq autres hauts gradés
et cinq membres d’équipage ont trouvé la mort dans un accident d'avion survenu
lundi matin à Charlesville près de Monrovia, la capitale du Liberia. L’avion s’est
écrasé en pleine forêt.
Au total, onze personnes ont péri dans
cet accident à l’approche de l’atterrissage :
1- Général de division Souleymane
Kèlèfa Diallo, Chef d’état-major général des armées,
2-Commandant Mamadou Malal Diallo,
presse militaire
3-Adjudant Aboubacar Mabinty Bangoura,
cameraman
4-Capitaine Mamoudou Condé
"Milla", aide de camp
5-Colonel Mamoudou Condé, interprète
6-Colonel Moustapha Sangaré
7-Colonel Cellou Dalein Diallo, pilote
8- Lieutenant-colonel Soriba Diawara
9-Colonel Sanoussy Camara
10-Colonel Mohamed Papa Coumbassa
11-Commandant Abdoulaye Camara,
renseignements généraux
L’appareil et la délégation guinéenne
dont le général Souleymane Kelefa Diallo venaient
de Conakry pour assister à la fête de l’armée libérienne. Le Libéria a coutume,
chaque année d’inviter des délégations militaires des Etats de la région. C’est
le cas de son voisin, la Guinée.
La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf a décrété une
journée de deuil national pour mardi. Elle a demandé que « Que tout le
monde prie pour le repos de l'âme des Guinéens tués dans ce crash ».
Le Ministre des Affaires étrangères, Augustine K. Ngafuan a décrit cet accident
comme une tragédie pour le Libéria car le Libéria et la Guinée ont de très
bonnes relations d’amitié bilatérales.Pendant la guerre civile du Libéria, les
troupes guinéennes y étaient comme forces de maintien de la paix et les Président
Sirleaf et Conté étaient de très bons amis ;
La Guinée pays d’où vient la totalité
des victimes, quant à elle, va observer trois jours de deuil.
Sur les
circonstances de l’accident
Les causes de l’accident n’ont pas été
précisées. Lors d’une conférence de presse, le Ministre de l’Information du Libéria,
Mr Lewis Brown a confirmé l’accident
d’avion impliquant un CASA CN 235 enregistré 3X-GGG à trois miles au sud de l’aéroport
international Robert (RIA).
CASA CN-235, est un avion de transport
tactique et logistique développé par les sociétés espagnole CASA et
indonésienne IPTN comme avion régional et de transport militaire. Il a d’abord
servi comme patrouille maritime, surveillance et transport. La Turquie en
possède 61 appareils.
Mr
Lewis Brown
a déclaré que le vol venait de Conakry, en République de Guinée et qu’à 07h09
GMT, le contrôle aérien a accepté son atterrissage.
Ce fut le dernier contact avec l’équipage.
La Tour de contrôle a observé de la fumée
à 07he10 et a tenté d’entrer en contact avec l’équipage, en vain et a lancé l’état
l’alerte à 7h12 prévenant ainsi secours et pompiers et les autorités
compétentes.
Archie
William le responsable
de l’Autorité de l’Aviation du Libéria, a démenti que le trafic à RIA soit à l’origine de cet accident. « Cela
est totalement faux » a –t-il dit.
Un riverain du lieu de l’accident a
affirmé avoir entendu un grand bruit suivi de feu en l’air avant l’atterrissage.
De la fumée en serait sortie pendant environ
18 minutes avant que le feu prenne à partir du gouvernail (queue) et se propage
vers l’avant. Une des personnes arrivées tôt, sur le lieu du crash dit qu’il
était difficile de porter secours ou de déplacer les corps de l’épave à causes
de fortes explosions : il n’y avait personne pour aider ceux qui étaient à
bord de l’avion. Nous attendions seulement que la sécurité ouvre, nous ne
pouvions pas aller ouvrir car le Libéria a tellement de lois.
Les secours seraient arrivés 50 minutes
plus tard. La Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) est l’une des
premières arrivées. Elle a
éparpillé les badauds.
Le porte-parole de la MINUL Martin Nesirky a présenté ses
condoléances et sympathie aux autorités guinéennes, aux familles et amis des
victimes de l’accident.
Conduite de l’enquêtee
La MINUL va aider les autorités
libériennes à mener l’investigation sur les circonstances de l’accident.
Les autorités libériennes et les
responsables de l’Autorité de l’Aviation civile libérienne ont déclaré avoir
trouvé la boîte noire et la boîte d’enregistrement
des données. Selon elles, l’équipement sera analysé pièce par pièce en
laboratoire. Le Libéria utilise deux laboratoires, celui de la FAA (Fédéral
Aviation Administration) l’agence gouvernementale américaine chargée de la
règlementation et du contrôle de l’aviation civile et un autre laboratoire au
Canada car il ne dispose pas de la technique pour analyser l’équipement. Les
autorités n’ont pas voulu donner d’indication de date citant en exemple le fait
que de telles enquêtes prennent parfois deux ans aux Etats-Unis pour déterminer
les causes de l’accident. Elles ont déclaré faire leur possible pour mener l’enquête
dans les meilleurs délais.
Le général
Souleymane Kéléfa Diallo
Cet accident a brisé le destin du chef
d’état-major de l’armée guinéenne, le
général Souleymane Kelefa Diallo.
Après l’investiture d’Alpha Condé, ce dernier l’élève au
grade de général de division en décembre 2010. Le même jour il est propulsé de commandant
de la Troisième région militaire de Kankan au poste de chef d’état-major
général des Armée, en remplacement du général Nouhou Thiam, qui sera à plusieurs reprises accusé par le nouveau
régime de complot.
Malgré son élévation au grade de
général division dès décembre 2010, le 6 février 2012 un autre décret émanant d’Alpha
Condé le gratifie (à nouveau) du grade
de général de division.
Le même jour il élevé au rang de commandeur
de l’ordre national de mérite en guise de reconnaissance d’éminents services
rendus à la République de Guinée.
En 1994, après des études de
vétérinaire, Souleymane Kelefa Diallo
fera partie du contingent guinéen de l’ECOMOG, la force de la CEDEAO, et va
passer deux ans au Libéria. De 1996 à 1997, il va servir l’ECOMOG en Sierra-Léone.
Il va par la suite, suivre une formation militaire à Dakar au Sénégal
(1998-1999) et à l’académie militaire junior en République populaire de Chine
(2004. Il va intégrer l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) en
2009. Après le coup d’Etat du CNDD (Comité national pour la démocratie et le
développement) sous la présidence de Dadis Camara, il devient le commandant de
la troisième région militaire, à Kankan,
d’où Alpha Condé le nommera chef d’état-major de l’armée.
Sa mort survient en plein procès de
militaires accusés par le régime en place d’avoir ourdi un complot contre Alpha
Condé, complot selon les termes du Procureur de la République Williams
Fernandez « avait pour but
d’assassiner le président de la République et de le faire remplacer par un
Peulh » illustrant le caractère ethnique de ce procès. Deux prévenus ont
déjà trouvé la mort des suites des tortures qu’ils ont subi. Une seule femme,
qui n’est pas militaire fait partie des prévenus et selon ses déclarations à la
barre des accusés, elle est souvent placée en isolement.
L’armée guinéenne a été mise en cause
dans plusieurs rapports internationaux en raison de la défaillance de son
caractère républicain. C’est une armée où l’appartenance ethnique continue de conditionner
les recrutements et les promotions et où
l’affairisme occupe toujours une place de choix malgré des réformes qui ont été
engagées sous les conseils des Nations Unies. La réforme des secteurs de
sécurité doit se faire dans différents pays africains avec plus de rigueur, de vigilance et
de respect des lois nationales et internationales.
Hassatou
Baldé





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